Qui possède la blockchain ?

Vous avez probablement beaucoup entendu parler de la blockchain. C’est un concept innovateur qui a révolutionné le monde cryptographique. Elle améliore la façon dont nous faisons tout, de l’exécution des transactions financières à la gestion des dossiers et des contrats. De plus, nous ne faisons qu’effleurer son potentiel. A qui appartient ce dispositif inégalable de sécurité ? Parcourons donc cet article afin de connaître les droits de propriété relatifs à la blockchain et pour comprendre le fonctionnement de celle-ci.

A qui appartient la blockchain ?

Comprendre la blockchain - la paternité de la technologie blockchain
Comprendre la blockchain – la paternité de la technologie blockchain

Identifier celui ou ceux à qui appartiennent la blockchain est un exercice très complexe. Expliquer en détail le fonctionnement de la blockchain paraît être encore plus complexe.

La blockchain : historique

Lorsque le livre blanc Bitcoin (Peer to Peer Electronic Cash System) fût publié en 2008 et décrit comme une version purement peer-to-peer de la monnaie électronique , personne ne pouvait prédire cet effet utilitaire 10 ans auparavant. En effet, créés par l’anonyme Satoshi Nakamoto, le bitcoin et la blockchain sont devenus depuis, l’une des technologies les plus importantes et les plus révolutionnaires au monde. Cette technologie a eu d’impact sur la majorité des secteurs de la finance, de l’éducation, de la fabrication, etc.

CZ et Frank Houbre de Binance dans la crypto-monnaie

Par pailleurs, peu après la publication du livre blanc, le bitcoin s’est ouvert à la communauté comme étant une monnaie open-source en 2009. Il a réussi à résoudre de nombreux problèmes liés à la confiance numérique grâce à sa capacité d’enregistrer publiquement des informations importantes sans risque de falsification. De plus, elle est totalement transparente, horodatée, décentralisée et immunisée contre la fraude.

La blockchain : un système révolutionnaire

Aujourd’hui, beaucoup pensent que la Blockchain et le Bitcoin sont une seule et même chose, mais ce n’est pas le cas. En 2014, nombreuses furent les personnes qui réalisèrent les cas pratiques d’utilisation de la technologie Blockchain. Ils constataient que cette dernière pouvait servir à effectuer de nombreux types d’opérations.

En tant que grand livre décentralisé et ouvert, capable d’enregistrer les transactions entre deux entités de manière permanente sans nécessiter l’authentification d’un tiers, elle crée un processus extrêmement efficace qui pouvait réduire considérablement le coût d’une série de différentes transactions.

D’ailleurs, une fois la puissance de son potentiel découverte, il y a eu une énorme augmentation des investissements et des découvertes pour voir comment il pouvait rationaliser les processus dans les chaînes d’approvisionnement, les assurances, les soins de santé, le transport et la logistique, le vote et même la gestion des contrats. En 2018, plus de 18 % des institutions financières utilisaient déjà la technologie blockchain dans les processus. De plus, ce chiffre continue de battre les records encore en 2021.

Comment fonctionne-t-elle ?

Lors de l’exécution d’une transaction, pour s’assurer qu’elle s’effectue correctement, Certaines assurances sont importantes. Nous devons soit nommer un tiers, soit établir un contrat, soit faire confiance à une tierce partie. Mais, aucune de ces options n’est infaillible car nous ne pouvons guère faire confiance à des inconnus. De plus, la rédaction d’un contrat prend du temps et peut s’avérer coûteux. Le recours à un tiers désigné peut également être coûteux et prendre du temps. C’est à ce niveau que le potentiel de la blockchain est plus que jamais utile.

La solution de la blockchain au profit des transactions

La blockchain constitue une solution idéale dans les transactions. Elle permet d’utiliser une quatrième option qui est sûre, rapide et rentable. Cette option se nomme communément “des smarts contracts” ou encore “contrats intelligents”. Ainsi, vous pouvez écrire quelques lignes de code qui conditionnent la réalisation d’un paiement. En effet, si l’une des conditions pré-codées dans la blockchain ne se vérifie pas, aucune transaction ne se déclenche. Cette méthode suit le même principe que celle des machines à distribution de boissons. Si vous n’insériez pas une pièce, alors aucune distribution de boisson ne se réalise.

Par ailleurs, le fonctionnement des smarts contracts est presque identique à celui d’un contrat électronique. Mais, la seule différence ponctuelle est le lieu d’exécution. En effet, le contrat intelligent s’exécute sur le réseau blockchain, par conséquent il ne suit aucune logique électronique. Il fonctionne tout seul sans l’aide ou les conseils, d’actions ou d’interférences de qui que ce soit. On dit qu’il est autonome et intelligent.

Toutefois, elle fonctionne comme une structure de données numériques. Ces dernières représentent chacune, une entrée du grand livre financier ou l’enregistrement d’une transaction individuelle. Chaque transaction est automatiquement estampillée puis est cryptée numériquement afin de garantir son authenticité. Ainsi, personne ne peut l’altérer ou même la falsifier de quelque manière que ce soit.

Le grand livre numérique, un réseau hyper sécurisé

Comprendre la blockchain - le grand livre distribué, un réseau sécurisé
La blockchain – Un réseau hypersécurisé

Ce qui est vraiment passionnant avec la blockchain, c’est que les entrées des données numériques se partagent en temps réel au sein même du réseau. Cela signifie que ces nœuds de l’infrastructure fournissent un système de consensus unique. Ce système permet ainsi d’avoir des informations précises sur l’état d’une transaction à tout moment. En plus, il peut également répliquer et tracer toutes les transactions correctes. C’est donc un processus qui permet de consigner la signature de toutes les transactions depuis sa mise en service.

En outre, lorsqu’une nouvelle transaction s’opère sur le réseau, la majorité des nœuds exécute un algorithme qui évalue et vérifie l’historique du bloc individuel proposé. Ainsi, si la majorité des nœuds convient que la signature et l’historique sont valides, un nouveau bloc de transaction s’enregistre alors automatiquement dans le grand livre. De même, lorsque tout est juste, un nouveau bloc s’ajoute également à la chaîne de transaction.

Par contre, si la majorité ne parvient pas à un consensus sur l’ajout de la nouvelle transaction, alors celle-ci s’annule. Elle ne peut donc s’ajouter à la chaîne de bloc car elle est non fiable. D’ailleurs, c’est ce modèle qui permet à la blockchain de fonctionner comme un grand livre distribué et décentralisé. Il ne lui est donc nécessaire de recourir à une autorité centrale unificatrice qui déciderait de la validité ou non d’une transaction donnée.

Alors, à qui appartient-elle réellement ?

La véritable réponse est que personne ne possède réellement la technologie Blockchain. Il est vrai que des blockchains privées, spécifiques et individuelles sont la propriété de quelqu’un. Cependant, la blockchain en technologie n’est pas une propriété d’une quelconque organisation. Alors, il convient de noter qu’il existe une grande différence entre la technologie Blockchain et la Blockchain.

En effet, la technologie est le concept, c’est l’idée qui sous-tend le fonctionnement d’une Blockchain. Elle peut donc s’utiliser par quiconque souhaitant l’utiliser. En d’autres termes, la technologie blockchain représente juste le protocole ou le principe. Ce dernier régit son fonctionnement et son exécution. Il est vrai que la technologie Blockchain s’associe généralement à l’image de Satoshi Nakamoto. Toutefois, la technologie elle-même et les idées qui la sous-tendent sont en fait bien plus anciennes que le développement de la Blockchain en 2008.

La technologie blockchain , un concept bien ancien

En 1991, Stuart Haber et W.Scott Stornetta ont décrit leurs travaux sur une chaîne de blocs sécurisée par cryptographie. En effet, celle-ci permettait de rassembler plusieurs documents dans un bloc. Mais, peu importe qui a eu l’idée originale de la technologie Blockchain, car il ne s’agit que d’un protocole. En fait, les protocoles sont utilisés dans les communications de la même manière que les langages de programmation sont utilisés dans un calcul.

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Ainsi, de la même manière que vous ne pouvez guère revendiquer la propriété du C++ ou du JavaScript, vous ne pouvez également revendiquer la propriété de la technologie Blockchain ou l’attribuer à quelqu’un officiellement. Si la plupart des gens s’accorde à dire qu’on ne peut revendiquer la propriété d’un langage de programmation particulier, on peut revendiquer cependant la propriété d’une application développée à l’aide de ce langage. De même, vous pouvez être propriétaire d’une application Blockchain. Vous ne pouvez cependant pas être techniquement propriétaire de la technologie elle-même. 

La Blockchain 2.0 : nouvelles possibilités d’utilisation

Lorsque Nakamoto a publié le premier livre blanc sur le bitcoin, il semblait que la technologie ne serait utilisée que pour les monnaies numériques. Mais, depuis la sortie de la version 2.0, de nouveaux cas d’utilisation apparaissent chaque jour. La gestion de la chaîne d’approvisionnement, le crowdfunding, l’audit et autres ne sont que quelques-unes de ses nombreuses applications. Fondamentalement, la Blockchain 2.0 va au-delà des transactions pour offrir aux utilisateurs la possibilité d’échanger de la valeur sans avoir recours à un intermédiaire tiers.

La blockchain s’identifie par beaucoup comme le nouvel Internet

Tout comme la technologie Blockchain, l’Internet a été créé petit à petit grâce à la collaboration de nombreuses personnes et entités. Ces dernières, durand toute leur vie, ont apporté des contributions précieuses et importantes au développement du réseau web.

Le dernier jalon qui a contribué à booster l’Internet dans l’entité que nous connaissons aujourd’hui a été l’introduction du “www” par Tim Berners-Lee. Par contre, cela ne faisait pas de lui le propriétaire de l’Internet et cette même idée peut être appliquée à Nakamoto. Aujourd’hui, de nombreuses applications et programmes se développent et s’exécutent sur l’Internet, mais leurs propriétaires ne possèdent pas l’Internet. Les propriétaires possèdent seulement le programme ou l’application qui s’exécute sur Internet.

La blockchain présente de nombreuses similitudes avec les premiers jours de l’Internet. Tout comme dans les années 90, toutes les personnes dotées d’un esprit orienté vers la technologie envisageaient de marquer l’Internet de leurs innovations. Aujourd’hui, tout ce qui concerne le courrier électronique, le commerce, le divertissement…, a trouvé sa place sur l’Internet. De la même manière, nous nous attendons à voir des utilisations similaires de la technologie Blockchain. Alors que personne ne possède la technologie Blockchain, on pourrait considérer que celui qui a le plus de clients possède techniquement la blockchain.

Que nous réserve l’avenir ?

Grâce à la Blockchain, le concept de propriété décentralisée devient une réalité. Au lieu d’avoir besoin d’un tiers pour valider la propriété d’un bien, vous pourrez le faire vous-même.

Au-delà de la blockchain, des idées telles que la location décentralisée de la propriété intellectuelle et le système de fichiers interplanétaires (IPFS) sont appelées à changer radicalement notre façon de faire les choses. L’IPFS est un cadre qui vise à remplacer totalement l’architecture centralisée du protocole Internet HTTP par une approche beaucoup plus décentralisée et distribuée.

De plus, l’IPFS est un réseau distribué de nœuds qui peuvent s’interroger mutuellement sur des informations et décider ensuite des bits d’informations qu’ils stockeront. Il sera  mis en œuvre de manière à pouvoir lier des fichiers entre eux. Ce qui permettra au réseau global de référencer de grandes quantités de données sur la Blockchain de manière rapide et rentable.

Les blockchains à smarts contracts : un concept bien innovateur.  

La blockchain - Une technologie révolutionnaire
La blockchain – Une technologie révolutionnaire

Avec l’apparition de plus en plus fréquente de contrats intelligents sur la blockchain, de plus en plus d’entreprises cherchent à comprendre comment elles peuvent l’appliquer à leurs activités.

Aujourd’hui, il ne fait aucun doute qu’il s’agit de l’une des technologies les plus avancées et les plus révolutionnaires du monde des affaires. Alors que certaines entreprises considèrent qu’il s’agit d’un mot à la mode et d’une tendance passagère, les plus avisées d’entre elles réalisent l’ampleur de son potentiel.

Cependant, il ne fait aucun doute que nous n’en sommes encore qu’au premier stade de l’adoption et de l’expérimentation. Si la technologie suscite beaucoup d’enthousiasme, les cas d’utilisation sont encore limités. Une fois cette phase d’expérimentation terminée, on s’attend à voir émerger quelques applications de pointe qui permettront à la technologie de se généraliser.

Compréhension de la technologie blockchain à smart contracts

En tant que consommateur, il se peut que nous ne soyons jamais pleinement conscients de la technologie dans les futurs cas d’utilisation. Nous finissons par l’utiliser à des fins diverses sans vraiment nous en rendre compte. On se limitera simplement à envoyer de l’argent à un ami qui vit à l’autre bout du monde, rapidement et sans frais.

La blockchain fonctionnera en arrière-plan et nous l’utiliserons, mais sans nous rendre compte de son potentiel non exploité. Bon nombre des applications courantes de la blockchain que nous nous attendons à voir apparaître au cours des prochaines années devraient être invisibles pour les PME, le consommateur ou l’utilisateur final ne fera qu’en profiter.

Cependant, en ce qui concerne la propriété, il est à peu près certain que la blockchain n’appartiendra à personne en tant que telle. Mais, nous assisterons à une augmentation du nombre d’entreprises qui mettent en place leurs propres blockchains privées. Cela signifie que nous pourrons utiliser une blockchain appartenant à un individu ou à une entreprise, mais que la technologie elle-même, comme l’Internet, restera totalement libre.

Résumé

Aujourd’hui, de nombreuses organisations développent leurs propres blockchains privées et en deviennent donc propriétaires. Mais, le concept de propriété d’une blockchain est très différent de celui de propriété de la technologie blockchain. Par contre, les blockchains publiques telles que l’Ether permettent aux utilisateurs de créer puis d’exécuter une application de n’importe où. De plus, la Blockchain 2.0 fonctionne comme un langage de programmation sophistiqué qui permet aux utilisateurs de créer des contrats intelligents. Ils peuvent donc créer des factures qui se paient elles-mêmes. Ce serait aussi le cas des certificats d’actions qui enverront automatiquement à leurs propriétaires des dividendes lorsque les bénéfices atteignent un certain niveau.

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