Deepfakes artistiques : le cadre légal et éthique en France (Arcom, DGCCRF)
Utiliser des deepfakes à des fins créatives en France : obligations de labellisation, publicité, droit à l'image et bonnes pratiques.
Tu veux utiliser un deepfake pour un projet créatif. Un acteur virtuel. Une voix clonée. Un visage remplacé pour une fiction ou une pub. En France, le cadre n’est plus le flou artistique : l’Arcom et la DGCCRF encadrent la labellisation et l’information du public. Les droits à l’image et le droit d’auteur restent le socle. Ce guide pose les règles applicables en 2026 et ce que les créateurs doivent faire pour rester en règle.
Here’s why that matters. Un deepfake non signalé peut être considéré comme tromperie (publicité, information) ou comme une atteinte au droit à l’image et à la vie privée. Les sanctions (civil, pénal, autorité de régulation) existent. En revanche, un usage transparent (mention « image synthétique », « créée par IA ») et contractuel (accord des personnes concernées ou personnages fictifs) permet de créer dans un cadre serein. Pour le droit d’auteur et l’IA en France, on a détaillé la propriété intellectuelle ; ici on se concentre sur les deepfakes : définition, obligations, et bonnes pratiques. Pour la protection des données personnelles quand tu utilises des visages ou des voix, les principes s’appliquent aussi.
Qu’est-ce qu’un deepfake (dans le cadre légal)
Deepfake = contenu (vidéo, audio) dans lequel l’apparence ou la voix d’une personne est remplacée ou générée par l’IA de façon à donner l’impression que cette personne dit ou fait quelque chose qu’elle n’a pas dit ou fait. Les usages artistiques (fiction, pub avec acteur virtuel, doublage) entrent dans ce périmètre dès que le rendu est réaliste et peut induire en erreur. Les textes français (loi, décrets, recommandations Arcom/DGCCRF) visent la transparence : le public doit savoir qu’il est face à un contenu modifié ou généré par IA.
Obligations en France : Arcom, DGCCRF, loi
Labellisation et information du public
L’Arcom (ex-CSA) et les pouvoirs publics demandent que les contenus synthétiques ou deepfakes soient identifiables. Concrètement : une mention (« image synthétique », « créée par intelligence artificielle », « représentation non réelle ») sur le contenu ou à proximité (description, générique). L’objectif : éviter que le public croie à une captation réelle quand ce n’est pas le cas. Pour la publicité, la DGCCRF et les règles de la publicité trompeuse s’appliquent : ne pas faire passer une image synthétique pour une preuve réelle (témoignage, démonstration) sans le dire.
Droit à l’image et consentement
Utiliser le visage ou la voix d’une personne identifiable (réelle) sans son accord expose à des poursuites (droit à l’image, vie privée). Pour un deepfake artistique avec une personne réelle, il faut un accord écrit (contrat de cession, autorisation d’utilisation de l’image et de la voix pour un usage IA). Pour un personnage fictif (visage généré, voix synthétique sans clonage d’une personne précise), le risque est moindre tant qu’aucune personne réelle n’est identifiable.
Droit d’auteur
Les œuvres (musique, images, extraits) utilisées pour entraîner un modèle ou pour référence peuvent être protégées. Le droit d’auteur et l’IA pose les bases. Pour un deepfake, l’œuvre finale (vidéo, audio) peut être une œuvre protégée ; la méthode (utilisation d’un outil IA) n’exempte pas du respect des droits des tiers (droits à l’image, autorisation des ayants droit si utilisation d’œuvres protégées).
Bonnes pratiques pour les créateurs
1. Mentionner le caractère synthétique. Ajoute une mention lisible ou audible (« image créée par IA », « synthèse vocale ») sur le contenu ou dans les métadonnées / description. 2. Obtenir les accords nécessaires. Pour une personne réelle (visage, voix) : accord écrit pour l’usage de son image et de sa voix dans un contexte IA. 3. Ne pas tromper. En pub, ne pas faire passer un témoignage ou une démonstration synthétique pour réelle sans le préciser. 4. Conserver les preuves. Garde les contrats, les autorisations et les versions du contenu pour pouvoir prouver la transparence en cas de litige. 5. Vérifier les CGU des outils. Les outils de clonage vocal et les plateformes vidéo IA ont des conditions d’usage (usage commercial, interdiction de tromperie). Respecte-les.
Ce que les débutants se trompent
Erreur 1 : Pas de mention. Tu publies un deepfake sans indiquer que c’est synthétique. Risque : sanction Arcom, plainte pour tromperie. Correction : ajoute une mention claire sur le contenu ou à côté.
Erreur 2 : Utiliser le visage ou la voix d’une personne sans accord. Risque : droit à l’image, vie privée. Correction : accord écrit de la personne (ou de ses ayants droit) pour l’usage en deepfake.
Erreur 3 : Pub avec témoignage synthétique non signalé. Tu fais dire à un « client » (deepfake) qu’il adore le produit. Sans mention « représentation », c’est de la publicité trompeuse. Correction : mention « fiction », « représentation », ou utilisation de personnages clairement fictifs.
Erreur 4 : Croire que « artistique » = tout permis. La création artistique ne dispense pas du droit à l’image ni de l’obligation de ne pas tromper le public. Correction : transparence + accords quand une personne réelle est concernée.
| Problème | Piste de solution |
|---|---|
| Pas sûr de la mention à utiliser | « Image créée par intelligence artificielle » ou « représentation non réelle » |
| Personne réelle dans le projet | Contrat ou autorisation écrite (image + voix pour usage IA) |
| Pub ou marketing | Toujours indiquer si témoignage ou démo est synthétique |
| Contenu diffusé à l’étranger | Vérifier les règles du pays cible (UE, USA, etc.) |
Les deepfakes artistiques sont légaux si ils sont transparents et si les droits des personnes sont respectés.

Résumé des acteurs et textes
| Acteur / texte | Rôle |
|---|---|
| Arcom | Régulation des médias ; recommandations sur la labellisation des contenus synthétiques |
| DGCCRF | Concurrence et consommation ; publicité trompeuse |
| Droit à l’image | Code civil, droit à la vie privée ; consentement pour usage de l’image/voix |
| Droit d’auteur | Code de la propriété intellectuelle ; œuvres et autorisations |
Les décrets et recommandations évoluent. Consulte les sites officiels (arcom.fr, dgccrf, legifrance) pour les textes à jour. Pour le cadre général IA et droit, voir l’article dédié.
En résumé
En France, les deepfakes artistiques doivent être identifiables (mention « image synthétique », « créée par IA ») et ne pas tromper le public. L’usage du visage ou de la voix d’une personne réelle nécessite son accord. En publicité, ne pas faire passer du synthétique pour du réel sans le dire. Consulte Arcom, DGCCRF et le droit d’auteur IA pour rester en règle.

Foire aux questions (FAQ)
Faut-il toujours mettre une mention sur un deepfake ?
En France, oui pour les contenus diffusés au public (vidéo, pub, réseau social). L’objectif est que le public sache qu’il s’agit d’un contenu synthétique.
Puis-je utiliser le visage d’un acteur célèbre pour une fiction ?
Sans son accord (ou celui de ses ayants droit), non. Le droit à l’image s’applique. Pour une parodie ou une citation, des exceptions existent mais sont encadrées ; à faire valider par un juriste.
La voix clonée est-elle concernée ?
Oui. Si la voix est identifiable à une personne réelle, son utilisation (surtout en contexte commercial ou trompeur) peut relever du droit à l’image et de la vie privée. Accord recommandé. Voir cloner une voix avec l’IA.
Où trouver les textes officiels ?
Arcom (arcom.fr), DGCCRF (economie.gouv.fr), Légifrance pour les lois et décrets. Les recommandations sont mises à jour régulièrement.
Un personnage 100 % fictif (visage généré) doit-il être mentionné ?
Si le contenu est réaliste et peut être perçu comme une capture réelle, une mention « créé par IA » ou « représentation fictive » reste recommandée pour la transparence. Pour un personnage clairement stylisé (dessin animé, avatar non réaliste), la question se pose moins.

Frank Houbre - expert IA vidéo et Image
Frank Houbre est un expert en IA vidéo et image, artiste IA et filmmaker récompensé aux Seoul International AI Film Festival et aux Mondial Chroma Awards. Avec plus de 10 ans d'expérience en entrepreneuriat digital, il crée des courts-métrages et animés entièrement générés par IA (Midjourney, Kling, Adobe Firefly). Co-Fondateur de Screenweaver et de la communauté #AIStudios, il partage des tutoriels gratuits et avis d'outils sur Business Dynamite pour aider les créateurs à automatiser leur production.
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